martes, 11 de noviembre de 2014

Paul Bedal - Chatter (2014)


Source & Label: ears&eyes Records
Gab's Rating: ☆ ☆ ☆ ☆


Paul Bedal Quintet formed in 2012 in Chicago consisting of trumpet, alto sax, piano, double bass and drums.

After relocating to Chicago via Miami in 2011, Paul met met drummer Charles Rumback (of Whirlpool, Colorlist, Stirrup) and saxophonist Caroline Davis (of Zing!, Tomorrow Music Orchestra, Pedway, Fatbook, Whirlpool). During this year, the foundation of the group’s sound was formed playing various gigs and recording in the Chicagoland area.

In 2012, Matt Ulery (Loom, Into the Ivory) and Marquis Hill (2013 Carmine Caruso trumpet competition winner) rounded out the group to form what is now called the Paul Bedal Quintet. The result of their musical collaboration is the album, Chatter.

Chatter, is an acoustic album featuring compositions by Bedal. It is dense with rhythm and harmony demanding concentration to the ink, however the group has molded into a cohesive unit tackling each composition methodically and each maintaining their unique musical voice throughout. 





"The most important thing I look for in a musician,
 is whether he knows how to listen."
  - Duke Ellington - 


GAB
 

Rodney Kendrick - The Colors of Rhythm (2014)


Label: Impulse
Gab's Rating: ☆ ☆ ☆ ☆


Le label Impulse! fait encore des siennes avec la sortie du dernier album de Rodney Kendrick, The colors of Rhythm. C’est une véritable renaissance depuis les années 1960 où les dirigeants de ABC-Paramount Records avaient confié à Creed Taylor, un producteur blanc originaire de l’Etat de Virginie, le soin de prendre en main la carrière musicale de ces pionniers du renouveau de la musique noire-américaine.
Aujourd’hui, le label renoue avec son image d’antan en lui restant plus fidèle que jamais. Mais qu’est devenue, en 2014, cette  «nouvelle vague du jazz » que les producteurs d’Impulse! voulaient promouvoir, et dont on nous a si longtemps parlé ? Un coup d’œil rapide sur la scène actuelle du jazz donne presque envie aux amateurs de mélodies et de rythmes plus traditionnels de fuir cette appellation, qui rime souvent avec jeunesse, prétention et surtout manque notable de sensibilité musicale.
Rodney Kendrick n’a pourtant rien d’un adolescent qui, la bouche ouverte et la tête penchée sur le côté, s’admire en train d’enchaîner des quartes au piano croyant révolutionner le jazz en lui insufflant des sonorités dissonantes, alors que McCoy Tyner l’avait fait cinquante ans auparavant sur Afro blues.
Avant de se livrer au jazz avec son premier album solo The secrets of Rodney Kendrick, sorti chez Verve Records en 1994, il a été bercé au gospel par la voix de sa mère, a connu la soul et le rhythm’n’blues en accompagnant Harold Melvin et les Blue notes dans les années 70, et s’est même frayé une place aux côté de James Brown et George Clinton, les effigies de la funk music de ces années extraordinairement prolifiques dans l’industrie musicale.
C’est toute cette expérience que l’on ressent en écoutant The colors of Rhythm. Rodney Kendrick fait partie de ceux pour qui la musique est née du fond des organes, et vient de nous prouver que le jazz peut encore se vanter d’être un exutoire à la mélancolie, en demeurant une source intarissable d’expression personnelle.
The colors of Rhythm définit en huit pistes, dont quatre compositions originales émanant du pianiste même, ce qu’on peut appeler une âme véritablement musicienne. L’album est en substance contenu dans son premier titre, “Music DNA”, qui marque avec une honnêteté déconcertante le début d’une confession émanant directement du cœur. La musique permet alors de communiquer des émotions réelles par ses silences et son relief, par ses harmonies plaquées vigoureusement à la manière de Monk, et par de longues phrases laissées à Curtis Lundy, le contrebassiste du trio de génie formé par la nouvelle effigie du label. Loin d’être un plaidoyer pour la technique pianistique ou un enchaînement monochrome entre les modes et les gammes, la musique laisse un espace considérable dans lequel les harmonies peuvent raisonner seules sans être perverties par des notes inutiles.
En écoutant ce disque, on comprend que la chanteuse Abbey Lincoln avait vu juste en disant de Rodney Kendrick qu’il était en mesure d’apporter au jazz un souffle considérable. Elle l’avait pressenti lors de l’enregistrement de son album A turtle’s dream, où Rodney s’est montré absolument respectueux des traditions, tout en n’ayant pas peur d’y intégrer sa touche d’humour. Dans son nouveau disque, l’artiste cite ses sources et réinterprète, après tant d’autres, des standards comme « Caravan » de Duke Ellington ou « Round Midnight » de Thelonious Monk.
Là où beaucoup, pensant lutter contre l’ennui, réinventent ces thèmes pourtant si bien écrits en les déformant jusqu’à mettre à plat leur mélodie, Kendrick les joue avec une simplicité telle qu’ils prennent l’allure d’une véritable leçon donnée à toute la scène actuelle. Mis à part dans sa composition intitulée “Cindy”, surement composée en référence Cindy Blackman Santana, ancienne batteuse de Lenny Kravitz, femme de Carlos Santana depuis 2010 et responsable de la rythmique du trio de génie formé pour ce disque, où les notes s’enchaînent peut-être un peu trop rapidement, l’album donne le droit à chaque musicien d’être écouté en dehors des solos qui lui sont accordés. « Remembering », une autre composition personnelle de Rodney, nous prouve que nous sommes bien là devant un véritable trio : il n’y a pas d’accompagnant ou d’accompagné, mais trois musiciens qui cohabitent ensemble dans un large espace sonore.
Rodney Kendrick signe ici une œuvre qui devrait devenir un franc succès. La musique y vient des organes et du sang, et se voit être le fruit d’un effort acharné pour que chaque phrase exprime, de la manière la plus authentique possible, une émotion réellement éprouvée. Soyons donc à l’affut des nouvelles sorties du label Impulse! qui, semble-t-il, n’a pas fini de nous étonner.



1 Music DNA
2 Honeysuckle Rose
3 Remembering
4 Round Midnight
5 Cindy
6 Body And Soul
7 Caravan
8 Aminata 


Rodney Kendrick, piano
Curtis Lundy, bass
Cindy Blackman Santana, drums



"The most important thing I look for in a musician,
 is whether he knows how to listen."
  - Duke Ellington - 


GAB
 

The David Ullmann 8 - Corduroy (2014)



Too often, when a jazz composer draws upon a specific conceptual inspiration, the link between that source and the music itself seems tenuous at best, impossible to determine without the aid of copious liner notes. But slipping David Ullmann’s Corduroy into the CD player for the first time without glancing at the accompanying press release, the dark, spiraling theme of opener “The Chase” immediately called to mind memories of TV detective shows of yore, with trenchcoated figures pursuing shady criminals in clunky, boat-sized cars.

Sure enough, vintage television themes are a primary inspiration for Ullmann on his new album, whose title refers back to the textured pants of the same era. Nostalgia is a primary emotion running through Corduroy, but that’s not to suggest that the disc is in any way retro or backward looking. Instead, the guitarist-composer has used the moods of his pop-culture past to color a strong octet set, with memorable melodies prompting thoughtful solos from a band able to slide easily from pocket to orbit.

That includes cornet player Kirk Knuffke, who views the soft-rock-inspired title track through Herb Alpert-colored glasses but without a trace of irony; Brian Drye, whose darting trombone reaches into the tight spaces of the percolating funk groove on “Ocelot,” which also features Mike McGinnis’ agile and adventurous bass clarinet; and frequent Ullmann collaborator Chris Dingman, whose vibes use the stabbing little-big-band swing of “Papaya” as a sonic trampoline. Not shy about professing his Jim Hall influence, Ullmann plays with patience and soul, building lines from the steady accumulation of resonant single notes on “Champ” and wringing the poignancy from the swaying ballad “You Can’t Go Back.”

Left to right: Chris Dingman, Kirk Knuffke, Loren Stillman, Mike McGinnis, Vinnie Sperrazza, David Ullmann. Pic by Vincent Soyez.
David Ullmann: guitar
Kirk Knuffke: cornet
Brian Drye: trombone
Mike McGinnis: clarinet and bass clarinet
Loren Stillman alto saxophone
Chris Dingman: vibraphone
Gary Wang: bass
Vinnie Sperrazza: drums

1. The Chase
2. Corduroy
3. Ocelot
4. Champ
5. Something You Said
6. You Can't Go Back
7. Papaya
8. Moving On


Domi

David Ullmann 8 from David Ullmann on Vimeo.