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Friday, November 2, 2018

Pj5 - I Told The Little Bird (JAZZ&PEOPLE November 2, 2018)


Dans le paysage du jeune jazz français actuel, Pj5 n’offre pas la moins pertinente des propositions musicales. Ce groupe au sens plein du terme doit son identité avant tout à un son, qui combine ses couleurs pop-rock à sa culture de l’improvisation, capable d’allier une densité dérivée du death metal avec des formes de musiques de chambre contemplative, aux confins du minimalisme et de la folk, tout en développant sa sensibilité jazz ultra contemporaine. Lauréat du dispositif « Jazz Migration », constitué depuis plusieurs années par des musiciens de la même génération particulièrement soudés, Pj5 signe un troisième disque au déroulé cinétique, dont les accents épiques alternent avec la simplicité de ritournelles, les orages électriques avec de délicats tramages sonores. Pensé en écho aux mystères et aux périls de l’existence, « I Told The Little Bird » résonne d’un état du monde qui oscille magnifiquement entre lumière et chaos, désespérance et espoirs, distorsion et résolution. Avec la participation de la chanteuse Isabel Sorling et de Jozef Dumoulin au Fender Rhodes, un album en forme d’odyssée sonore. 


In the current landscape of young French jazz, Pj5 offers one of the most pertinent musical propositions. This is a group in the full meaning of the term, whose identity comes above all from a sound: a certain capacity to densify the derivative sound of death metal, with the shapes of contemplative contemporary chamber music, the borders of minimalism and folk, fuelled with their personal contemporary jazz sensibility and improvisations. A laureate of the ‘Jazz Migration’ program for upcoming talents, composed of five French musicians from the same generation, Pj5 releases a third album displaying a band striving for purity and nuance, energy and intensity in order to accomplish a music capable of moving from epic accents to the simplicity of jingles, from electric storms to delicate sound patterns. Echoing the mysteries and perils of existence, "I Told The Little Bird" resonates with a state of our world that oscillates magnificently between light and chaos, despair and hope, distortion and resolution. Featuring Swedish singer Isabel Sörling and Belgian improv wizard Jozef Dumoulin on the Fender Rhodes, an album in the shape of a sound odyssey. 

Paul Jarret, Guitar
Maxence Ravelomanantsoa, Tenor Saxophone
Léo Pellet, Trombone
Alexandre Perrot, Double Bass
Ariel Tessier, Drums
Isabel Sörling, Voice
Jozef Dumoulin, Fender Rhodes

1. Cycles (The Egg)
2. The Nest, Part One
3. The Nest, Part Two
4. Peaceful Struggle
5. Cycles (The Flight)
6. Lilla Fagel
7. Response (For Eileen)
8. Horizon
9. Where Do Butterflies Sleep
10. Cycles (The Soil)


Wednesday, January 24, 2018

Kami Octet - Spring Party (BAUER STUDIOS 2018)



Kami, un chemin
L’histoire est longue. Il y a dans cette histoire qui dure depuis 13 ans aujourd’hui quelque chose du chemin initiatique, du chemin qui se fait en marchant. En 2004, Kami naissait dans une formule en quintet, sous l’impulsion du guitariste et compositeur Pascal Charrier. De nombreuses étapes ont jalonné ce parcours : des expériences marquantes (une tournée à New-York), deux albums en quintet, des collaborations fortes (Malik Mezzardi, Stéphane Payen, Josef Dumoulin)… En évoquant le dernier disque de Kami (Colors sorti en 2014), Pascal Charrier envisageait déjà la suite : «On peut faire la tentative de quelque chose, y parvenir parfois, mais même le fait d’y parvenir ne nous en dit pas beaucoup plus sur la suite, l’arrivée est un nouveau point de départ». Peut-être avait-il déjà en tête cette idée de grande formation : le quintet est déjà elle-même la plus grande de petites formations. « Le désir d’un grand ensemble était déjà présent mais il m’a fallut du temps pour que ce projet s’élabore dans l’écriture, l’orchestration et la direction d’ensemble. C’est naturellement que la forme de Kami a évolué au cours des années, suivant la maturation de ma pensée musicale et ma capacité à la mettre en œuvre. »


Le fil conducteur
Le Kami Octet est donc né d’une suite logique de l’aventure, un nouvel aboutissement en attendant la prochaine mutation. Au travers de cette aventure, l’oreille reconnait tout de même un fil qui se déroule depuis ces 13 années : « Kami c’est moi, mon ressenti, ma pensée politique, mon histoire. » Pascal Charrier s’est donc replongé dans la composition d’un nouveau répertoire en puissant dans les travaux de musiciens comme Steve Coleman, Carla Bley, Marc Ducret, Magic Malik et plus récemment Morton Feldman ou Gérard Grisey. C’est la raison pour laquelle sa musique « s’inscrit dans la tradition du jazz contemporain ». Toujours au service d’un propos narratif et poétique qui s’appuie sur deux axes : la transe (recherche sur le rythme, les superpositions, les cycles très longs…) et les textures sonores (sons naturels des instruments et effets électroniques).

Une autre écriture
Comment faire évoluer le son d’un quintet vers celui d’un octet ? Comment modifier, gérer et créer le nouvel équilibre d’un ensemble qui existe depuis 13 ans ? Il faut inventer et imaginer de nouveaux espaces musicaux : « Tout ce travail sur l’orchestration créé des densités variées, un son d’ensemble parfois massif, parfois suspendu, aérien. Il y a également une préoccupation dramaturgique dans le déroulé des pièces, entre écriture et improvisations, une recherche d’équilibre entre les différents solistes… »


01. Mer
02. La marche
03. Le passage des pensées
04. Spring party
05. Fleurs (Bonus Track)