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Monday, April 30, 2018

Palm Unit - Hommage à Jef Gilson (SUPER-SONIC JAZZ RECORDS 2018)


Over a career spanning half a century, Jef Gilson managed to occupy more or less every post in music, both possible and unimaginable. His name was up there on the French posters of the 60s and 70s, alongside the likes of John Coltrane, Oscar Peterson, Sun Ra or Ray Charles. He recorded the new wave (Byard Lancaster, Archie Shepp, David S. Ware...) in his studio and played jazz in all its guises, from the most traditional to the most abstract. 

And yet everybody, or almost everybody, seems to have forgotten: Jef Gilson is the great absentee from the history books. 

Palm Unit plays Gilson’s repertoire without any a priori, in a totally complex-free way, reinventing it whilst preserving its original essence. The keyboards sound almost psychedelic (and often not that far from the style of Eddy Louiss on Jef Gilson’s 60’s albums), the sax scratches, mews and wails, whilst the drums make the whole thing swing. Even Palm Unit’s special guest Del Rabenja, who plays the valiha (a small harp from Madagascar) and who was in Jef Gilson’s band in the 70s, featuring on several essential albums bearing the Palm imprint, was surprised to rediscover the songs still sounding so modern, decades after they were created.


1. Ouverture Suite Pour San 05:50
2. Mode De Fa 04:24
3. Newport Bounce 04:31
4. Mother Africa 04:44
5. Chakan 06:02
6. Chant Inca (Trio) 03:22
7. Chant Inca (Quartet) 02:27
8. Hommae A Rakatozafy 05:47
9. Valiha Del 07:40
10. The Creator Has A Masterplan 12:13
11. Chant Inca (Duo) 05:44

Tenor and Barytone Saxophone : Lionel Martin
Keyboards : Fred Escoffier
Drums : Philippe ‘Pipon’ Garcia
Special guest on Valiha : Del Rabenja

Hommage à Jef Gilson - CD - Palm Unit

Hommage à Jef Gilson - 2xLP (Heavy Gatefold Sleeve in Sealbag) - Palm Unit


Monday, January 30, 2017

Madness Tenors - Be Jazz for Jazz (CRISTAL RECORDS 2017)




En 2014 sur le festival bulgare de Stara Zagora, Lionel Martin fait une rencontre décisive en la personne du saxophoniste George Garzone. Naîtra alors ce projet de Madness Tenors en hommage au Tenor Madness de 1956 ( où Sonny Rollins se confrontait à John Coltane ), un quintet vif-argent composé de Mario Stantchev au piano, Benoit Keller à la contrebasse et du batteur Ramon Lopez, groupe que l’on découvrit à VAULX JAZZ en 2015.

Dès l’ouverture de ce brillant « Awo » rugit le saxophone de Lionel Martin énervé et effervescent et c’est parti pour plus de 9 minutes de transe. Distorsions et transgressions en un élan continu qui se poursuivent avec « Plus Plus », autre composition de Lionel Martin où le piano particulièrement percussif de Mario Stantchev suit les stridences des saxophones. Ramon Lopez, le batteur coloriste, rythmicien sans pareil, n’est pas en reste dans ce quintet cent pour cent jazz, apportant sa touche toujours très personnelle et exaltée, intégrant avec souplesse les imprévus de cette musique. Il faut attendre la cinquième composition pour entendre une pièce plus délicate de Georges Garzone « Fox in the wood ». Si Garzone reste au ténor sur tout l’album, Lionel Martin alterne les saxophones et fait ainsi varier, se superposer les timbres. Sans relâche, Lionel Martin vibre au son de ces musiques qu’il aime à déconstruire. Georges Garzone ne le suit pas toujours dans cette « chase » éperdue, mais en balançant autrement, il s'impose comme un contrepoint indispensable et précieux. Leurs unissons splendides traversent ce "Hey Open Up", autre composition de G. Garzone, d'une tension constante sans aller jusqu'à la cassure. Splendide!

Last but not least, «On the phone» est une pièce co-écrite par le duo Stantchev/Martin que l’on a apprécié dans leur relecture de Louis Moreau Gottschalk, compositeur classique qui faisait des tournées comme un jazzman, dans le très beau Jazz before Jazz. La pochette de l’album Be Jazz For Jazz est d’ailleurs un écho à celle du duo (Cristal Records 2016).

On retrouve pour le final cette qualité de mélodie soyeuse et tendre, le soprano faisant entendre sa plainte, une touche lyrique bienvenue après l’explosion de certaines compositions. Ainsi s’entend dans cette musique sans parole, un seul chant exprimant la colère, la fougue mais aussi la promesse d’une (ré)conciliation. Du jazz comme on l'aime!

01. Awo 9:02
02. Plus Plus 3:41
03. Nobody's Perfect 5:42
04. Sadness 5:30
05. Fox in the Wood 7:45
06. Hey Open Up 3:17
07. A Bacchus 5:44
08. On the phone 5:41

Lionel Martin (saxophones)
Georges Garzone (tenor saxophone)
Benoît Keller( contrebasse)
Mario Stantchev (piano)
Ramon Lopez ( batterie)


Tuesday, March 8, 2016

Mario Stantchev & Lionel Martin - Jazz Before Jazz (Autour de la Musique de Louis Moreau Gottschalk) 2016


Il était comme une éponge Louis Moreau Gottschalk avec sa facilité à s’imprégner des couleurs des musiques natives des nombreux pays qu’il a visités en un temps où on n’imaginait pas qu’on en viendrait un jour à parler de jazz ou de musiques du monde. Il ne s’installait pas dans une posture de musicologue à l’écoute des folklores, non, les musiques qu’il entendait, il les adoptait.

Et c’est vraiment une chouette idée que le pianiste d’origine bulgare Mario Stantchev et le saxophoniste Lionel Martin fassent une relecture gourmande des compositions de celui qui fut un personnage haut en couleur, séducteur impénitent et grand voyageur devant l’éternel, né à La Nouvelle Orléans en 1829 d’un père anglais et d’une mère créole originaire de l’Ile de Saint Domingue ( aujourd’hui Haïti) et décédé à Rio de Janeiro en 1869 après avoir étudié en France, sillonné de long en large les Etats Unis et avoir donné un nombre incalculable de concerts dans toute l’Amérique Latine, de Cuba au Chili en passant par l’Argentine et le Pérou. Soit un parcours musical initié avec la musique romantique pour piano d’un Chopin pour s’épanouir dans les prémisses des musiques pimentées des Amériques qui donneront naissance à la habanera, au tango brasileiro, au choro et au jazz.

Soulignons la qualité du travail éditorial réalisé par Cristal Records ainsi que celle du texte de présentation rédigé par Jean-Noël Régnier et Danièle Stantcheva. Sous leurs plumes, il en ressort quedans ses œuvres aux accents multiples, Gottschalk sert avec un égal bonheur chaque culture et que les titres qu’il choisit ont une terminologie évocatrice et un ton «  colonial » désuet qui reflète son métissage culturel : « Bamboula », « Danse de Nègres », « Le Banjo », « La Savane », « Danse des Gibaros », « Les Yeux créoles »,  «  Yankee Doodle Variations ». En complément, dans des notules bienvenues, le pianiste Mario Stantchev précise que son approche esthétique et celle de Lionel Martin se nourrit aussi bien de la musique de créateurs comme Ornette Coleman, Cecil Taylor et Archie Shepp que de piano stride et de romantisme caribéen. Tout est dit des climats, des jeux de l’esprit autour des thèmes simples et des variations virtuoses, de la force suggestive qui court d’un blues archaïque à des harmonies dissonantes.

C’est en découvrant , dans des anthologies concoctées par Bruno Blum pour les Editions Frémeaux, (1) des versions données en 1956 par le pianiste américain Eugene List de «  La savane » et «  Bamboula ( danse des nègres) » qu’il m’avait été enfin possible de mettre un son sur le nom du compositeur Gottschalk et d’apprendre que «  La Bamboula » était le nom d’une danse populaire aux Caraïbes qui se perpétuera jusqu’aux années 1950, et qu’elle contenait le même rythme que le « Baboule » qui est issu du vaudou haïtien. Gottschalk l’aurait entendue en 1845 à Congo Square, à La Nouvelle Orléans. A la question de la plus-value du disque de Mario Stantchev et de Lionel Martin, la réponse est simple : la musique de Gottschalk s’éloigne de l’archaïsme colonial pour se vêtir d’oripeaux d’aujourd’hui sans que cela apparaisse incongru. Comme un supplément d’âme.


Mario Stanchev & Lionel Martin, Jazz Before Jazz : autour de la musique de Louis Moreau Gottschalk, Cristal Records, 2016

Note : (1) Les anthologies réalisées par Bruno Blum ont pur titres : «  Africa In America » et «  Slavery In America »


Lionel Martin, saxophones
Mario Stantchev, piano

1. Pour Louis Moreau 
2. Marche des Gibaros (Souvenir de Porto Rico) 
3. Manchega 
4. Romance cubaine (Bamboula 2) 
5. Le Bananier 
6. Invocation 
7. La Savane (Ballade créole)
8. Riot (Souvenir de la Havane 2) 
9. Séduction (Souvenir de la Havane 3) 
10. Bamboula (Danse Nègre) 
11. Souvenir de la Havane 
12. Le Banjo (Grostesque Fantaisie, American Sketch)

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Domi