Showing posts with label Florian Pellissier. Show all posts
Showing posts with label Florian Pellissier. Show all posts

Tuesday, May 1, 2018

Florian Pellissier Quintet - Bijou Voyou Caillou (HEAVENLY SWEETNESS 2018)


Le pianiste revient en quintet pour un 4ème album et trempe son groove dans une transe vaudou libératrice célébrée avec Anthony Joseph et Roger Raspail.

Figure emblématique du renouveau jazz français, Florian Pellissier n'en a pas fini de jouer avec ses codes, exportant toujours un peu plus loin son swing hard bop et son groove sur des terres protéiformes. Après la sortie de l'excellent Cap de bonne espérance en 2016, le pianiste globe-trotteur a laissé son quintet, le temps d'un voyage au Togo et au Bénin, pour y découvrir les cérémonies vaudou dont les vibrations nourrissent les rythmes de ses diverses aventures musicales; latin Funk avec Setenta, jazz funk avec Cotonete, brésilien avec Camarao Orkestra ou encore hip hop avec Guts.

C'est sur cette découverte et ce désir de transe rythmique universelle que sont nés les onze titres de Bijou Voyou Caillou, un quatrième album aussi divers qu'exaltant à l'instar du titre homonyme où le quintet est rejoint par Arthur H, sublime narrateur de cette suite digne des grandes BO de nos films noirs.



"Arthur H avait en fait le refrain en tête depuis des années. Le matin de l'enregistrement, il s'est bloqué sur l'histoire de Kim Kardashian qui a été cambriolée lors de son passage à Paris il y a quelques mois et a mélangé son idée de départ et cette histoire dingue, ce qui a donné le morceau que l'on a enregistré. De mon côté, j'étais très fan déjà du morceau Cool Jazz d'Arthur, sorti en 1990 . Je voulais faire de ce Bijou Voyou Caillou une suite spirituelle, presque 30 ans après, une suite de l'histoire aussi. On l'a joué très cool jazz donc, ce qui donne un bon contrepoint à l'histoire de ce prisonnier que raconte Arthur sur notre morceau."  Florian Pellissier

Que les adeptes du son et de l'énergie hard bop et soul jazz des années 60 se rassurent, les intrépides Yoni Zelnik (contrebasse), David Georgelet (batterie), Christophe Panzani (saxophones) et Yoann Loustalot (trompette & bugle) et Florian Pellissier vous réservent quelques pépites du genre (Colosses de Rhodes, Fuck The Police, South Beach). Une poignée de ballades au swing subtil comme Espions sont autant de respirations rêveuses, avant une envolée de spiritual jazz avec une version puissante de Colchiques dans les prés digne de celle d'Eddy louiss.

Le quintet nous embarque dans une virée caribéenne enflammée avec la complicité du percussionniste guadeloupéen Roger Raspail. Le maître des tambours Ka est rejoint aux percussions par Erwan Loeffel pour une tempête rythmique sur Jazz Carnival, une reprise à couper le souffle du groupe brésilien Azymuth. Le slam percutant du poète britanno-trinidadien Anthony Joseph associé aux vibrations caribéennes sur Boca vient compléter ce tableau au groove universel qu'on a hâte de découvrir sur scène.



1. Fuck with the police 09:27
2. South Beach 06:50
3. Bijou voyou Caillou (feat. Arthur H) 05:35
4. Hibou bleu (feat. Arthur H) 04:46
5. Coup de foudre à Thessalonique 04:22
6. Colchiques dans les prés 02:54
7. Boca feat. Anthony Joseph 07:51
8. Colosse de Rhodes 06:06
9. Interlude chou 03:20
10. Espions 07:41
11. Jazz carnival 09:21


Wednesday, March 9, 2016

Florian Pellissier Quintet - Cap de Bonne Esperance (2016)


Pas de mauvais œil, bel augure, je tire les osselets : ce Cap de Bonne Espérance fait face au pôle kiff de mon jazz. Fils d'Elegua plus que de Chango, Florian Pellissier et ses hommes se font passeurs. Musiques, continents, émotions, voyages... Il faut voyager loin en aimant sa maison, le pianiste nous le rappelle sans chipote ni monceaux sur le métissage, l'aventure, le crossover, la fusion. Toutes ces conneries.

La maison du quintet : le jazz en ligne directe depuis les années 50 et 60, entre hard et post bop, de Sonny Clark à Miles, un peu de cool (le piano brubeckien de Pellissier sur « The Hipster » emprunté à Harold McNair), le tout passé dans le brouet d'une itinérance sensible et savante sur toutes les rives de l'Atlantique ; mâtinant d'imprévisible ce registre qu'intempestif on pourrait croire trop classique là où il est avant tout personnel, sensible. A croire que les biches ne peuvent être bleues qu'en itinérance ; Cuba, Afrique du Sud, Méditerranée, France, Etats-Unis. Jeu de pistes autant que de masques.

Cap de Bonne Espérance confirme ainsi tout ce qu'on a pu dire en bien du pianiste – ici comme ailleurs – et de ses démarches en leader - bien aidé par un un quintet au poil, ce qui n'étonnera guère les connaisseurs : Yoni Zelnik et son drive omniscient à la basse, David Georgelet derrière les fûts, Yoann Loustalot à la trompette, Christophe Panzani au sax. L'album déroule arrangements de gandins (« The Hipster » à nouveau) et compositions de moult mirobole, dont l'étonnant silence de « La Forêt des Biches Bleues », logorrhée aphasique d'une grande profondeur. Enfin juste le début : la suite folâtre ensuite vers des horizons plus swing et modaux, et s'avère le coup de maître de cet album qui dans l'ensemble convainc et ravit mais ne surprend que marginalement. Plus avec ces biches sylvestres qu'ailleurs, qui font émerger du néant une lente élaboration qu'on sent très écrite pour s'achever dans des dialogues presque orchestraux du quintet, éludés par un joli final arpèges du piano contre rythmique bancroche de Georgelet. Beau. Bi. Bu.

La surprise... C'est bien. Est-ce nécessaire ? Qui sait... On la retrouvera d'ailleurs dans les riffs teintés de funk (« Les Masques Africains »), l'intervention de la voix soul de Leron Thomas sur le conclusif et retro « What a Difference a Day Makes », l'alternance entre des idiomes hard-bop (« Cantopa Elegua », cubop que n'aurait pas renié Kenny Dorham) et jazz de chambre (« Almeria »). Dans ces choix sincères mais déjà observés de-ci de-là dans d'autres agencements, Florian Pellissier et ses hommes se distinguent par une musicalité irréprochable, en premier lieu le pianiste lui-même, entre block chords bien sentis et soli ébahi de mélodie sans lyrisme outrageant. L'esprit d'Elegua l'accompagne. Celui d'Obatala couve certainement la musique d'un autre membre du quintet : Yoann Loustalot, dont on a déjà loué les qualités de trompettiste et ici commis aux états de grâce enregistrés. On lui transmets des bisous, toute notre affection, en louant sa science et sa sagesse. Et non pas que les trois autres membres fussent nuls, nous concluons là cette chronique en vous incitant vivement à jeter une oreille attentive à ce pianiste si atypique, chevaucheur impénitent de biches bleues gyrovagues.



Florian Pellissier, piano
Christophe Panzani, sax
Yoann Loustalot, trumpet
Yoni Zelnik, bass
David Georgelet, drums
Leron Thomas, vocals (9)

1. Cap De Bonne Espérance
2. The Hipster
3. Canto Pa Elegua
4. Almeria
5. La Forêt Des Biches Bleues
6. Les Masques Africains
7. Comète
8. Yasmine
9. What A Difference A Day Makes

BUY THIS ALBUM!!!

Domi

Canto Pa Elegua