miércoles, 9 de marzo de 2016

Gaël Horellou - Synthesis (2015)


Au terme d’une longue parenthèse consacrée au jazz acoustique, Gaël Horellou revient à la fusion avec un album oscillant entre jazz atmosphérique et expérimentation electro-instrumentale.

Synthesis se positionne dans la continuité de l’album Explorations : un son planant et radicalement moderne, au service d’une musique sachant rester fidèle au jazz et à l’engagement esthétique et spirituel des ainés (John et Alice Coltrane, Pharoah Sanders, Yusef Lateef...).

Les machines sont utilisées pour dresser un décor multidimensionnel dans lequel évoluent les musiciens, sans pour autant que soient reniés les fondamentaux du jazz : le jeu, le rythme, l’harmonie et l’improvisation.

Au-delà du jazz, les influences présentes dans Synthesis sont très diverses, allant de la musique contemporaine (Terry Riley, Steve Reich...) au dub electro (Bill Laswell, Mad Professor...).

Enregistré live à la Rodia (Besançon), cet album a été réalisé par Dominique « Dume » Poutet aka Otisto 23. 


After a long parenthesis dedicated to acoustic jazz, Gael Horellou returns to the merger with an oscillating atmospheric album between jazz and electro-instrumental experimentation. Synthesis is positioned in the continuity of the Explorations album released in 2006: it's a "hovering" and radically modern, serving a music knowing remain faithful to the aesthetic and spiritual commitment of elders (John and Alice Coltrane, Pharoah Sanders Yusef Lateef...). At the crossroads between jazz and electronic music, the machines are used to prepare a multidimensional setting within which the musicians without being disowned that the fundamental elements of jazz: the game, rhythm, harmony and improvisation. Beyond jazz influences in the Synthesis are very diverse, ranging from contemporary music (Terry Riley, Steve Reich...) to dub (Bill Laswell, Mad Professor...).


Gaël Horellou : Alto & soprano saxophones, electronics
David Patrois : Vibraphone
Géraud Portal : Double bass
Antoine Paganotti : Drums

01. Cité Engloutie
02. Atlantis
03. LM
04. Synthesis
05. Secret Stone
06. Fractals
07. Broken Chant
08. Constellation
09. Hypnosis

Bonus track

10. Cité Engloutie (Radio Edit)

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Domi

Florian Pellissier Quintet - Cap de Bonne Esperance (2016)


Pas de mauvais œil, bel augure, je tire les osselets : ce Cap de Bonne Espérance fait face au pôle kiff de mon jazz. Fils d'Elegua plus que de Chango, Florian Pellissier et ses hommes se font passeurs. Musiques, continents, émotions, voyages... Il faut voyager loin en aimant sa maison, le pianiste nous le rappelle sans chipote ni monceaux sur le métissage, l'aventure, le crossover, la fusion. Toutes ces conneries.

La maison du quintet : le jazz en ligne directe depuis les années 50 et 60, entre hard et post bop, de Sonny Clark à Miles, un peu de cool (le piano brubeckien de Pellissier sur « The Hipster » emprunté à Harold McNair), le tout passé dans le brouet d'une itinérance sensible et savante sur toutes les rives de l'Atlantique ; mâtinant d'imprévisible ce registre qu'intempestif on pourrait croire trop classique là où il est avant tout personnel, sensible. A croire que les biches ne peuvent être bleues qu'en itinérance ; Cuba, Afrique du Sud, Méditerranée, France, Etats-Unis. Jeu de pistes autant que de masques.

Cap de Bonne Espérance confirme ainsi tout ce qu'on a pu dire en bien du pianiste – ici comme ailleurs – et de ses démarches en leader - bien aidé par un un quintet au poil, ce qui n'étonnera guère les connaisseurs : Yoni Zelnik et son drive omniscient à la basse, David Georgelet derrière les fûts, Yoann Loustalot à la trompette, Christophe Panzani au sax. L'album déroule arrangements de gandins (« The Hipster » à nouveau) et compositions de moult mirobole, dont l'étonnant silence de « La Forêt des Biches Bleues », logorrhée aphasique d'une grande profondeur. Enfin juste le début : la suite folâtre ensuite vers des horizons plus swing et modaux, et s'avère le coup de maître de cet album qui dans l'ensemble convainc et ravit mais ne surprend que marginalement. Plus avec ces biches sylvestres qu'ailleurs, qui font émerger du néant une lente élaboration qu'on sent très écrite pour s'achever dans des dialogues presque orchestraux du quintet, éludés par un joli final arpèges du piano contre rythmique bancroche de Georgelet. Beau. Bi. Bu.

La surprise... C'est bien. Est-ce nécessaire ? Qui sait... On la retrouvera d'ailleurs dans les riffs teintés de funk (« Les Masques Africains »), l'intervention de la voix soul de Leron Thomas sur le conclusif et retro « What a Difference a Day Makes », l'alternance entre des idiomes hard-bop (« Cantopa Elegua », cubop que n'aurait pas renié Kenny Dorham) et jazz de chambre (« Almeria »). Dans ces choix sincères mais déjà observés de-ci de-là dans d'autres agencements, Florian Pellissier et ses hommes se distinguent par une musicalité irréprochable, en premier lieu le pianiste lui-même, entre block chords bien sentis et soli ébahi de mélodie sans lyrisme outrageant. L'esprit d'Elegua l'accompagne. Celui d'Obatala couve certainement la musique d'un autre membre du quintet : Yoann Loustalot, dont on a déjà loué les qualités de trompettiste et ici commis aux états de grâce enregistrés. On lui transmets des bisous, toute notre affection, en louant sa science et sa sagesse. Et non pas que les trois autres membres fussent nuls, nous concluons là cette chronique en vous incitant vivement à jeter une oreille attentive à ce pianiste si atypique, chevaucheur impénitent de biches bleues gyrovagues.



Florian Pellissier, piano
Christophe Panzani, sax
Yoann Loustalot, trumpet
Yoni Zelnik, bass
David Georgelet, drums
Leron Thomas, vocals (9)

1. Cap De Bonne Espérance
2. The Hipster
3. Canto Pa Elegua
4. Almeria
5. La Forêt Des Biches Bleues
6. Les Masques Africains
7. Comète
8. Yasmine
9. What A Difference A Day Makes

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Domi

Canto Pa Elegua

Kenny Barron Trio - Book Of Intuition (2016)


Kenny Barron, the 72-year-old Philadelphia-born virtuoso, is the kind of jazz pianist whose resources are familiar and much-covered by mainstream swing players, but whose joyfully extravagant execution is a rarity today. That quality transforms this trio set from being a canter through a smooth-jazzy assortment of soft ballads, Latin smoochers and glossy swing. Barron has absorbed an encyclopaedia of jazz methods from a life on the road with legends such as Ella Fitzgerald and Stan Getz, and it pours out in these tracks. Magic Dance, with its glistening chords and Latin-jazz tick, sounds smooth at first but unleashes an impulsive torrent. Ballads such as In the Slow Lane display his impeccably light touch and Thelonious Monk’s Shuffle Boil isn’t Monkishly lateral but swings furiously. The jangling Lunacy is a collective bustle prodded by bassist Kiyoshi Kitagawa and drummer Johnathan Blake, while Nightfall is delicate drift through slow chords. There might be too many notes for some on this record, but it’s almost all affectingly musical just the same.

If you have been vaguely wondering what happened to wholehearted, outgoing jazz piano in the grand manner, just listen to this album’s opening track, Magic Dance. It has everything – attractive melody, unbuttoned swing, virtuosity and enough rhythmic sleight-of-hand to keep you wide awake. Among the dozen or so most admired pianists in jazz today, Kenny Barron strikes me as the one who wears his mastery most comfortably. From a languid piece such as Dreams, to Thelonious Monk’s fiendishly tricky Shuffle-Boil, there’s a gentle firmness to his playing. In some mysterious way he makes the piano sound bigger too. Bassist Kiyoshi Kitagawa and drummer Johnathan Blake follow every move with seamless subtlety.

Magic Dance
Bud Like
Cook's Bay
In The Slow Lane
Shuffle Boil
Light Blue
Lunacy
Dreams
Prayer
Nightfall

Kenny Barron, piano
Kiyoshi Kitagawa, double bass
Johnathan Blake, drums

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Domi